Au cours de son périple européen, le jeune Mozart arrive à Versailles avec son père Léopold et sa sœur Nannerl. Un séjour en demi-teinte.

Le 18 novembre 1763, Léopold Mozart arrive à Paris pour présenter ses deux enfants prodiges : Marie-Anne, dite Nannerl, âgée de douze ans, et surtout son petit Wolfgang, sept ans. Il espère qu'il pourront se produire à la Cour de Versailles. Le baron Friedrich Melchior Grimm, célèbre auteur allemand, ami des encyclopédistes, va les y introduire.

Une visite privée a lieu au milieu du mois de décembre. Louis XV les reçoit avec Mme de Pompadour. Léopold la trouve fort belle, mais pleine d’orgueil : elle a un air d’impératrice ! Il rit lorsque Wolfgang lui chuchote qu’elle ressemble à Threzel, leur cuisinière. Après avoir joué pour elle, Mozart veut l’embrasser. La marquise refuse, ce qui froisse le petit garçon. N’a-t-il pas embrassé l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche ? Le fait est que les Mozart sont heurtés par la rigidité de la Cour de France.

ANECDOTE

À la fin du repas, Louis XV demande à entendre Mozart jouer de l’orgue […] Le roi, impatient, se lève et se dirige vers la chapelle royale. Tout le monde suit. L’enfant frappe une note prolongée, puis une autre, suivie d’un déluge d’harmonie. Le roi est stupéfait !

La réception officielle de la famille, qui loge à l’hôtel du Cormier (n°6 de l’actuelle rue du Peintre Lebrun), à deux pas du Château, a lieu à la fin du mois de décembre. Après avoir joué devant la famille royale, les enfants sont embrassés à plusieurs reprises par la Dauphine et Mesdames, filles de Louis XV, à la grande satisfaction de Léopold. Ce dernier mesure au nombre de baisers l’intérêt qu’on leur porte. Mme de Pompadour reçoit là une leçon !

Musique

Centre de musique baroque de Versailles

Depuis 1987, une institution unique

Le 1er janvier 1764, la famille est conviée pour assister au « Grand Couvert » du Roi. Wolfgang est debout à côté de la reine Marie Leszczynska, Léopold près du roi et Nannerl, entre le Dauphin et Mme Adélaïde. La reine, qui parle allemand, fait office d’interprète. À la fin du repas, Louis XV demande à entendre Mozart jouer de l’orgue. Une heure est convenue pour le lendemain. Mais le roi, impatient, se lève et se dirige vers la chapelle royale. Tout le monde suit. L’enfant frappe une note prolongée, puis une autre, suivie d’un déluge d’harmonie. Le roi est stupéfait !

Les Mozart demeureront seize jours à Versailles. Léopold trouve la musique de la chapelle royale à la fois bonne et mauvaise. Les chœurs sont, selon lui, excellents, mais la musique vocale trop glaciale, trop française. À leur départ, Louis XV fait verser, par les Menus-Plaisirs, 1 200 livres, somme qui vient s’ajouter aux multiples présents qu’ils ont reçus. En gage de reconnaissance, Mozart dédiera à Mme Victoire, en mars, ses deux premières sonates pour clavecin publiées à Paris.

Mécénat

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