Le 10 août 1901, deux Anglaises vécurent une expérience qu’elles considérèrent comme paranormale dans les jardins du Petit Trianon. Cette histoire, qu’elles publièrent en 1911 sous le nom de "An adventure", connut un certain succès et alimenta la théorie que des fantômes hanteraient le Trianon. Découvrez leur histoire.

Une visite ordinaire

Tout commence avec deux anglaises, Miss Moberly, directrice du collège féminin St Hugh’s College à Oxford, et Miss Jourdain, ancienne élève qui seconde Miss Moberly dans ses fonctions.

À l’occasion d’un voyage en France, les deux femmes décident de se rendre à Versailles pour visiter le domaine qu’elles ne connaissent que très vaguement. C’est donc une belle et chaude journée d’août 1901, que les deux amies entreprennent leur visite en commençant par le Château. La journée se passe sans encombre, les jeunes femmes sont ravies de leur visite et décident même de poursuivre leur découverte du domaine en se rendant à Trianon. Le temps est agréable et la promenade très plaisante, rien ne semble pouvoir troubler la tranquillité de cette journée ordinaire.

Pourtant, les deux femmes vont faire une expérience pour le moins troublante…

©EPV / Thomas Garnier


Une étrange sensation 

Après avoir marché pendant un certain temps, Miss Moberly et Miss Jourdain demandent leur chemin à deux hommes, vêtus de manteaux verts et de petits tricornes, portant des bêches. Alors qu’elles quittaient l’allée, Miss Moberly se sentit soudain envahie d’une détresse inexplicable et grandissante. Ne voulant pas inquiéter son amie, elle ne lui fit pas part de son ressenti.

En poursuivant leur chemin, les deux femmes aperçoivent un homme vêtu d’une cape et d’un chapeau, assis près d’un kiosque chinois, les regardant avec une expression insistante et épouvantable. Un vif sentiment de panique parcourt alors Miss Moberly. Heureusement, un homme aux cheveux bouclés, les yeux sombres, vint interrompre momentanément ce sentiment d’inquiétude. Dans un jargon qu’elles eurent du mal à comprendre, l’homme les exhorta à poursuivre leur chemin par la droite.

Quelques pas plus loin, Miss Moberly aperçut une femme assise, plutôt jolie, en train de dessiner. Elle portait un chapeau blanc et était vêtue d’une robe légère, assez démodée et peu commune. Un nouveau sentiment étrange parcourut Miss Moberly en la regardant. Le sentiment d’oppression et de placidité qui imprégnait les lieux, ternirent l’enthousiasme des deux anglaises qui rentrèrent à Paris troublées par cette expérience.

De retour à Paris

Ce n’est qu’une semaine après ces évènements que les deux amies échangèrent leur ressenti sur cette journée passée à Versailles. « Penses-tu que le Petit Trianon soit hanté ? » demanda Miss Moberly à sa cadette. C’est sans aucune hésitation que Miss Jourdain répondit promptement « Oui ». Les deux femmes comparèrent alors leurs deux expériences et se rendirent compte de plusieurs étranges similitudes, comme le sentiment d’anxiété et de tristesse inexplicable survenu au même moment au petit Trianon.

Un an plus tard, les deux amies décident de mettre leurs expériences par écrit et envoient leur récit à la société de recherche psychique, qui refusera de le publier faute d’enquêtes suffisantes sur le sujet. Les deux amies décident alors de mener elles-mêmes les recherches et publient leur récit en 1911 sous le titre « An adventure », traduit par "Les fantômes de Trianon" en français. Le succès du livre est immédiat et de nombreux experts s’intéressent au sujet. L’expérience des deux anglaises est d’abord démentie car les vérifications historiques du récit ne sont, à l'époque, pas concluantes. Cependant, l'accumulatuon de détails et de coincidences troublantes sèment le doute dans les esprits. 

Plusieurs décennies après la publication du témoignage des deux anglaises, une découverte crédite leur récit. Un plan du Trianon est découvert, indiquant qu’un pavillon chinois avait bel et bien existé en 1774. Une question se pose alors : comment Miss Moberly et Miss Jourdain auraient elles put connaître cette information, insoupconnée à leur époque ? Et si les hommes en verts qu’elles avaient croisés pendant leur visite étaient en réalité les fantômes des jardiniers du roi louis XV et que la femme rencontrée assise à dessiner était en réalité, non pas le fantôme de Marie Antoinette comme l’ont d’abord cru les deux anglaises, mais plutôt celui de Madame du Barry ?

© EPV / Didier Saulnier

D’autres témoignages du même genre, ayant toujours Trianon pour cadre, ont été recensés dans la première moitié du XXe siècle, mais restent néanmoins peu nombreux et disparaissent rapidement. 

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