L’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles a fait l'acquisition du bureau créé par Riesener pour Marie-Antoinette. Comme toutes les autres pièces du mobilier de Versailles, ce bureau avait été vendu lors des ventes révolutionnaires de 1793-94. Il revient donc à Versailles après 217 ans.

Le bureau du Hameau de Trianon dans les Collections du Château

Le bureau fut livré au Garde-Meuble de la reine pour le domaine de Trianon. D’une absolue perfection dans son exécution, il frappe par l’élégance de ses proportions, le raffinement de son placage de bois précieux et, plus encore par l’éblouissante qualité de son décor de bronze doré à l’antique ou à motifs floraux, si révélateurs du goût de la reine. Il porte la marque circulaire du garde-meuble privé de la souveraine, ainsi que le CT couronné réservé à cette résidence. En outre, il porte un numéro à l’encre : du N°84, qui nous renseigne sur sa destination précise. Ce numéro correspond au salon de la maison de la Reine au Hameau. Ce salon était de plus meublé de quatre magnifiques encoignures de Riesener, aujourd’hui conservées dans plusieurs musées américains.

Des nombreux chefs-d’oeuvre commandés par Marie-Antoinette à son ébéniste favori, Jean-Henri Riesener, pour ses appartements de Versailles ou de Trianon, une grande majorité se trouve à présent et définitivement immobilisée dans les musées anglais ou américains. Il est donc rarissime d’en voir apparaître un se trouvant encore en main privée et présenté sur le marché de l’art.

Par l’acquisition de cette pièce exceptionnelle, le château de Versailles poursuit sa politique de remeublement engagée depuis les années 1950. Il s’agit en effet de l’un des derniers meubles créés pour la Reine encore en main privée qui revient à son lieu d’origine. À défaut de  pouvoir la replacer au Hameau, dont les intérieurs ont été profondément modifiés sous l’Empire et par ailleurs actuellement hors d’état d’être remeublés, ce bureau sera présenté dans le cabinet doré de Marie-Antoinette situé dans les appartements privés de la Reine, dont la restauration et l’ameublement en cours d’achèvement seront inaugurés au printemps 2011.

Cette acquisition a été rendue possible grâce au soutien de Sanofi-Aventis et de LVMH.